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Musicologie

Antoine Corriveau: entre le studio et la scène

Kevin Laforest
30 mars 2010

Après avoir lancé les EPs Entre quatre murs (2008) et Ni vu ni connu (2009), l’auteur-compositeur trifluvien Antoine Corriveau travaille présentement sur un premier album complet avec son groupe, formé d’Émilie Proulx, Sylvain Lemire et Stéphane Beauchemin.

Entre deux séjours en studio, Antoine et ses musiciens seront par ailleurs en spectacle le vendredi 2 avril, dès 21h au Bistro In Vivo (4731 Ste-Catherine Est), ainsi que le samedi 3 avril, 21h30, au café-bar Le Zénob de Trois-Rivières.

Ça fait déjà un bon moment que tu es en studio pour enregistrer ton album, non?

En fait, quand on a commencé, on ne savait pas que c’était pour un disque. Quand on a enregistré trois tounes l’été dernier, c’était juste pour avoir quelque chose de représentatif de la formule actuelle.  Je n’avais pas nécessairement de plan après pour me repitcher aussi rapidement en studio, mais je me suis dit qu’au lieu d’attendre après un label, on allait essayer de capturer ce qui se passe en ce moment, parce qu’on a pas mal de nouveau matériel. Tant qu’à attendre dans deux ans puis qu’on ne soit plus vraiment là…

Dans quel studio enregistrez-vous?

C’est chez Nicolas Grou, il a son studio-maison. J’adore comment ça sonne chez eux, je n’ai même pas le goût d’aller dans un gros studio! Puis c’est vraiment l’fun de travailler avec lui.  On y retourne bientôt et j’ai l’intention de l’impliquer un peu plus, peut-être même d’en faire le co-réalisateur de l’album. On a une vision similaire de où est-ce qu’on veut aller avec ça, alors c’est cool.

Comment décrirais-tu cette vision?

Depuis environ un an, j’ai l’impression que mes textes ont pris une tournure différente. Je ne suis pas à l’aise de faire des textes engagés vraiment miliants comme mettons les Cowboys Fringants, je trouve que c’est trop facile de se planter. Mais j’ai eu une envie d’écrire sur des phénomènes sur lesquels on pourrait très bien écrire une chanson engagée, mais au lieu de faire ça, je le fais sous forme d’histoire, en m’attardant sur ce que ça éveille en moi comme sentiments.

Il y a beaucoup de nouvelles chansons que j’ai écrites qui sont nées de frustrations face à des discussions que j’entends autour de moi, puis je ne peux pas croire qu’il y a du monde qui pense de même… C’est un peu en réaction à ça puis, musicalement, on a pris une tournure un peu plus folk sombre. C’est dur de mettre des mots sur un album qui n’est pas encore terminé, mais dans ma tête, je le vois comme une espèce de promenade qui croise plein d’affaires de société, mais c’est aussi plus personnel, par rapport à comment je les vis.

Sur ton site, tu mentionnes que les deux spectacles de cette semaine « s’inscrivent dans le processus de pré-production du disque en préparation. » Que veux-tu dire par là?

C’est qu’on a commencé à travailler des chansons dans notre local, à voir ce qu’on peut leur ajouter, où est-ce qu’on peut les amener… C’est beau, mais le but pour moi, c’est d’avoir du matériel qui est autant efficace sur scène que sur disque. Je veux miser beaucoup sur la scène parce que ça reste plus facile pour un artiste indépendant de se booker des spectacles que de financer et sortir un disque. Alors c’est un peu des tests, pour voir comment les chansons sonnent sur scène, c’est quoi la réaction du monde, qu’est-ce qui marche bien, qu’est-ce qui marche moins bien…

Je crois que depuis un bout, ce sont les mêmes musiciens avec qui tu es en studio qu’en spectacle, donc il a y a un lien direct entre les deux?

Ouais, on travaille plus en groupe. Ça s’appelle « Antoine Corriveau », mais c’est juste parce que, à la rigueur, j’écris les textes. Mais musicalement, moi je compose un squelette de toune, puis elle évolue beaucoup au niveau des arrangements quand je l’emmène aux autres.

La plus récente chanson que tu as mise sur ton site, Aoûtement, se démarque vraiment des autres dès la première écoute.

Elle est née parallèllement aux sessions de band de l’été passé. Émilie est venue chez nous, je lui ai simplement dit que j’avais une nouvelle toune, je lui ai jouée, et c’est elle qui a eu l’idée de faire chanter une petite chorale, composée des musiciens et de quelques amis. Quasiment tout le long, la plupart chante à l’unisson. Ce n’est pas parfait, mais je la vois comme une toune que j’aime bien de Johnny Cash sur American Recordings, We’ll Meet Again, où on dirait qu’il chante avec ses belles-soeurs… C’est croche, mais c’est beau! Puis pour ce texte-là, je ne me suis pas mis de filtre, il est juste direct, franc… C’est un peu la direction vers laquelle je veux essayer d’amener mes tounes.

Je voulais aussi aborder avec toi le sujet de ta présence web, autant sur ton site que sur les réseaux sociaux. Je trouve ça très intéressant comment tu les alimentes de photos, de vidéos, de chansons…

Il y a des artistes que j’aime, comme Joseph Arthur, qui le font beaucoup, puis c’est trippant comment, quand tu te demandes ce qui se passe avec un de ces artistes-là, tu vas sur son site et il y a un mp3 gratuit ou un vidéo, etc. J’aime suivre les artistes qui le font, et je le fais en me disant que ça peut plaire à d’autres. Et étant donné que je ne suis pas signé, il n’y a pas de machine de promo derrière moi, alors je pense que de faire ça peut me permettre de rejoindre du monde un peu.

En n’ayant pas de label, on ne sait pas encore comment on va sortir le disque. C’est insécurisant, mais en même temps c’est motivant d’une certaine façon…  Il faut que tu penses à comment tu vas partager ta musique et ça peut faire partie du projet, ne pas juste être une mise en marché mais faire partie intégrante du trip artistique.

www.antoinecorriveau.com

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Kevin Laforest

Selon Wikipedia, la musicologie est “une discipline scientifique qui étudie les phénomènes en relation avec la musique, dans leur évolution et dans leur rapport avec l’être humain et la société.” Ouin. Ça, ou des critiques de disques, des entrevues avec des musiciens, etc.

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